Sécheresse : quand l'expert de votre assurance conclut à 0 €… et que la réalité en vaut 96 000 €
Comment la contre-expertise a permis de faire reconnaître les droits d'un propriétaire des Yvelines face à un classement sans suite injustifié.
L'essentiel
Rapport de l'expert d'assurance : 0 € → Après contre-expertise ARCHIKEO : ~96 000 € HT
Un propriétaire démuni face à un refus de prise en charge
Imaginez : votre maison se fissure, les murs se lézardent, les dégâts sont visibles à l'œil nu. Vous déclarez un sinistre sécheresse à votre assureur, un expert vient constater… et conclut que tout est normal, que les désordres ne sont pas liés à la sécheresse, et que vous ne toucherez rien. Pas un centime.
C'est exactement ce qui est arrivé à un propriétaire de Bréval, dans les Yvelines (78), à qui l'expert de son assureur a adressé un rapport de « classement sans suite » avec 0 € d'indemnisation. Pourtant, les fissures atteignaient 5 mm d'ouverture et la maison nécessitait une reprise en sous-œuvre complète.
Voici le récit de ce dossier, et comment la contre-expertise a permis de rétablir les droits de notre client.
Le contexte : une maison fissurée dans les Yvelines
Le bien concerné est une maison individuelle de type R+1 (un étage) sur sous-sol complet, située dans le secteur de Bréval (78). Suite à la période de sécheresse de l'été 2022, reconnue par arrêté de catastrophe naturelle, le propriétaire a constaté l'apparition de désordres importants :
Désordres constatés
- • Fissurations importantes : Fissures horizontales et en escalier sur les façades, atteignant 4 à 5 mm d'ouverture
- • Localisation : Désordres concentrés sur le mur sud de l'habitation
- • Tassement différentiel : Signes caractéristiques d'un mouvement inégal du sol sous les fondations
Le propriétaire a déclaré le sinistre auprès de son assureur, qui a mandaté un cabinet d'expertise pour évaluer les dommages.
Le verdict de l'expert d'assurance : « rien à voir avec la sécheresse »
Après deux rendez-vous (dont un en visioconférence et un sur site), des investigations géotechniques réalisées par un bureau d'études spécialisé et un diagnostic complet des réseaux humides, l'expert mandaté par l'assureur a déposé son rapport définitif en août 2025.
Conclusion de l'expert d'assurance
« Désordres non imputables à la sécheresse visée par l'arrêté de Catastrophe Naturelle »
Catégorie N°1 — Enjeu financier : 0 € — Garantie acquise : NON
Selon l'expert, le sol était trop humide au moment des sondages pour être compatible avec un problème de dessiccation lié à la sécheresse. Il attribuait les désordres à des défauts sur les réseaux d'eaux pluviales et à une possible poussée des terres imbibées.
Pour le propriétaire, ce fut un choc. Sa maison se fissurait de toutes parts, et on lui disait que la sécheresse n'y était pour rien. Aucune réparation prise en charge. Aucune indemnisation.
L'intervention d'ARCHIKEO : contester pour rétablir la vérité technique
Le propriétaire nous a alors contactés pour contester les conclusions du rapport. Chez ARCHIKEO, nous ne contestons jamais par principe : nous analysons les faits, les données techniques, et nous vérifions si les conclusions de l'expert de compagnie tiennent la route.
Dans ce dossier, elles ne tenaient pas.
Ce que révèlent vraiment les données techniques
Nous avons repris l'ensemble des études géotechniques et du diagnostic des réseaux. Voici ce que les mêmes données, analysées avec rigueur, montrent réellement :
Un sol extrêmement sensible
Les analyses de laboratoire révèlent un sol limono-argileux très plastique, avec une fraction fine de 95 à 98 %. Les indices de plasticité sont élevés (supérieurs à 30 %). C'est typiquement le genre de sol qui réagit violemment aux alternances de sécheresse et de réhydratation.
Des fondations sous-dimensionnées
Les semelles, ancrées à seulement 40 cm sous la dalle du sous-sol, ne sont pas suffisantes pour un bâtiment R+1 sur un sol aussi sensible. L'expert de compagnie reconnaît lui-même un profil « correct sans être excellent ».
L'argument de l'humidité ne tient pas
Les sondages ont été réalisés en mai 2024, soit 20 mois après la sécheresse. Évidemment, le sol s'est réhydraté entre-temps ! Mesurer un sol humide en 2024 ne signifie pas qu'il n'a pas souffert de dessiccation en 2022. C'est précisément le cycle retrait-gonflement qui provoque les désordres.
Les défauts de réseaux : un facteur aggravant, pas la cause
Oui, le diagnostic a révélé des racines dans un regard et des fissures infiltrantes dans un autre. Mais ces défauts contribuent à accentuer les mouvements de sol — ils ne les causent pas à eux seuls.
La réunion contradictoire : le moment de vérité
Fort de cette analyse, nous avons convoqué une réunion contradictoire par lettre recommandée, en invitant l'assureur et son expert à se présenter sur site.
Cette réunion s'est tenue fin octobre 2025 à Bréval, en présence de toutes les parties. Nous y avons présenté notre analyse point par point, en nous appuyant sur les mêmes données géotechniques que l'expert de compagnie, mais en les interprétant correctement.
Bon à savoir
La réunion contradictoire est un droit fondamental de l'assuré. Si vous n'êtes pas d'accord avec les conclusions de l'expert de votre assurance, vous pouvez (et devez) demander à ce que vos arguments soient entendus contradictoirement. C'est un levier puissant, encore trop méconnu.
Le résultat : une indemnisation de près de 100 000 €
Suite à cette réunion et au chiffrage détaillé que nous avons établi, le dossier est passé de 0 € à environ 96 000 € HT (soit plus de 102 000 € TTC après vétusté déduite).
Détail des travaux indemnisés
- • Reprise en sous-œuvre par micropieux : ~63 500 € HT — Ancrage des fondations en profondeur (~6 m), hors de la zone argileuse instable
- • Ravalement et reprise des façades : ~16 000 € HT
- • Maîtrise d'œuvre et études : ~5 000 € HT
- • Embellissements et travaux annexes : ~12 000 € HT
Nous avons également démontré que les solutions alternatives parfois proposées par les assureurs (injection de résine, simple traitement de surface) ne sont pas adaptées dans ce cas. Elles ne règlent pas le problème structurel et exposent le propriétaire à une aggravation des désordres.
Ce qu'il faut retenir si vous êtes concerné
1. Un classement sans suite n'est pas une fatalité
Le rapport de l'expert de votre assureur n'est pas une décision de justice. C'est un avis technique, et comme tout avis, il peut être contesté. Dans de nombreux dossiers sécheresse, les conclusions initiales sont revues à la hausse après une contre-expertise rigoureuse.
2. Le délai entre le sinistre et les sondages peut fausser l'analyse
C'est un piège classique : les investigations géotechniques sont réalisées des mois (parfois des années) après la période de sécheresse. Entre-temps, le sol s'est réhydraté. Conclure que « le sol est humide, donc pas de sécheresse » est un raccourci technique que nous savons contester.
3. La réunion contradictoire est votre meilleur allié
C'est le moment où l'on peut confronter les analyses, poser les bonnes questions, et exiger des réponses techniques étayées. L'expert de compagnie doit justifier ses conclusions face à un contradicteur qualifié.
4. Ne laissez pas traîner les choses
Dans ce dossier, la déclaration de sinistre date de 2022, et le rapport définitif n'a été déposé qu'en août 2025, soit trois ans plus tard. Ces délais sont fréquents dans les dossiers sécheresse, et les assureurs ne sont pas toujours pressés de conclure. Plus vous attendez, plus vous risquez de voir votre situation se dégrader et vos droits s'amoindrir.
Votre maison se fissure ? Votre assureur refuse de vous indemniser ?
ARCHIKEO vous accompagne pour contester les conclusions de l'expert de votre assurance et faire valoir vos droits. Nous intervenons partout en Île-de-France et sur l'ensemble du territoire.
Première analyse de votre dossier sans engagement.
Gilles Calma
Expert en contre-expertise — SAS ARCHIKEO
Spécialiste sinistres sécheresse, catastrophes naturelles et désordres structurels